Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

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Altaïr
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Altaïr » 01 août 2019 09:30

Nicknackpadiwak a écrit :
31 juil. 2019 20:51
Altaïr a écrit :
31 juil. 2019 14:41

(ça me fait penser qu'il faut que je lise ce bouquin écrit par une copine de ma mère sur le féminisme et le catholicisme)
Spoiler : ils ne s'entendent pas très bien.

De moins en moins.

Mais il y a eu une période (après-guerre) où l'Eglise catholique a plutôt poussé à l'émancipation des femmes. Mais il y a un gros revirement en arrière depuis Jean-Paul II. Enfin, j'en saurai plus quand j'aurai lu le bouquin :)

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Altaïr
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Altaïr » 01 août 2019 09:42

Oh, ça c'est joli aussi : https://ellesfontduvelo.com/2019/07/les ... ar-la-ffc/

ça a l'air cool la fédération française de cyclisme :diable:

Image
Les Missyclettes reflètent la femme d’aujourd’hui, la jeune fille, de la fillette à la maman, la working girl sensible aux nouvelles
tendances, la femme fidèle à la tradition.
C’est une communauté, une appellation qui fédère, qui rassemble et qui sensibilise à la pratique du vélo.

Les Missyclettes représentent des valeurs : la liberté, l’autonomie, le sport, la santé, la douceur, la convivialité, le challenge, le partage.

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Jo_ » 01 août 2019 10:31

Nicknackpadiwak a écrit :
31 juil. 2019 20:49

Si, si, j’en ai parlé après avec ma copine et elle a compris mon point de vue. Par contre, j’ai du mal à imaginer la conversation surréaliste si j’avais envisagé d’en discuter avec ma belle-mère….. Elle qui trouve que JP Pernault est « quelqu’un de bien », qui suit « Un Si grand Soleil » assidûment et au premier degré, qui trouve Michael Gregorio « génial », Zaz « marrante » (ça, je ne lui pardonnerai jamais) et qui parle du couple qui loue le gite de nos vacances comme « le propriétaire et sa dame », essayer de lui amener l’ombre de l’idée que la télé qu’elle regarder religieusement n’est pas qu’un simple divertissement inoffensif, c’est comme gravir l'Everest en tong.
C'est sans doute une question de génération.
J'ai le même problème avec mes parents, qui peuvent parfois être assez ouverts ("fais le travail qui te plaît, pour être indépendante et n'être attachée à personne") ou complètement obtus ("pour votre enfant, c'est toi qui prendras le congé parental hein ?" ils n'envisagent même pas que ça puisse être Manew qui le prenne).

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Koss » 01 août 2019 10:33

Nicknackpadiwak a écrit :
31 juil. 2019 20:49
Marie-Louise a écrit :
31 juil. 2019 09:54
Eh ben... 8/
Tu en as parlé avec les autres, après ? Pour essayer de leur faire comprendre qu'un mec qui ne tue pas sa femme parce qu'elle a tué ses gosses mais parce qu'elle l'a repoussé, c'était un peu problématique ?
Si, si, j’en ai parlé après avec ma copine et elle a compris mon point de vue. Par contre, j’ai du mal à imaginer la conversation surréaliste si j’avais envisagé d’en discuter avec ma belle-mère….. Elle qui trouve que JP Pernault est « quelqu’un de bien », qui suit « Un Si grand Soleil » assidûment et au premier degré, qui trouve Michael Gregorio « génial », Zaz « marrante » (ça, je ne lui pardonnerai jamais) et qui parle du couple qui loue le gite de nos vacances comme « le propriétaire et sa dame », essayer de lui amener l’ombre de l’idée que la télé qu’elle regarder religieusement n’est pas qu’un simple divertissement inoffensif, c’est comme gravir l'Everest en tong.

C'est pas si mal Zaz...

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Altaïr
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Altaïr » 01 août 2019 11:14

Jo_ a écrit :
01 août 2019 10:31
Nicknackpadiwak a écrit :
31 juil. 2019 20:49

Si, si, j’en ai parlé après avec ma copine et elle a compris mon point de vue. Par contre, j’ai du mal à imaginer la conversation surréaliste si j’avais envisagé d’en discuter avec ma belle-mère….. Elle qui trouve que JP Pernault est « quelqu’un de bien », qui suit « Un Si grand Soleil » assidûment et au premier degré, qui trouve Michael Gregorio « génial », Zaz « marrante » (ça, je ne lui pardonnerai jamais) et qui parle du couple qui loue le gite de nos vacances comme « le propriétaire et sa dame », essayer de lui amener l’ombre de l’idée que la télé qu’elle regarder religieusement n’est pas qu’un simple divertissement inoffensif, c’est comme gravir l'Everest en tong.
C'est sans doute une question de génération.
J'ai le même problème avec mes parents, qui peuvent parfois être assez ouverts ("fais le travail qui te plaît, pour être indépendante et n'être attachée à personne") ou complètement obtus ("pour votre enfant, c'est toi qui prendras le congé parental hein ?" ils n'envisagent même pas que ça puisse être Manew qui le prenne).
Je crois que c'est pendant ma première grossesse et après la naissance de ma fille que j'ai ressenti de plein fouet pour la première fois le sexisme de notre société. Enfin, il y avait déjà un peu le monde de l'entreprise, mais j'étais prévenue. Quand je suis devenue mère ça m'a pris au dépourvu. De la part des deux extrêmes d'ailleurs, parce qu'il y avait d'un côté les "adorateurs du rôle de la mère" pour qui une femme ne peut s'épanouir qu'en changeant des couches (je schématise) et qui offraient des poupons à ma fille (elle en a eu 8 (!!!)), et de l'autre la déception des "adorateurs de la femme moderne (TM)" qui ne comprenaient pas que j'ai choisi d'avoir des enfants aussi jeune, pour qui je m'enfermais dans un rôle de mère de famille. Ironiquement, ces gens là sont maintenant coincés chez eux par leurs enfants tandis que moi je peux m'épanouir dans mon boulot et dans mes loisirs parce que mes enfants sont désormais grands et indépendants...

Et je ne suis pas sûre que ce ne soit qu'une question de générations... ça fait 20 ans que les statistiques dur le travail des femmes ne bougent plus voire régressent - ce sont toujours elles qui sacrifient leurs carrières pour leurs enfants, qui travaillent à temps partiel. Beaucoup d'hommes sont toujours prêts à encourager l'indépendance des femmes du moment que ça ne signifie pas changer leurs propres ambitions - mais quand il s'agit de concilier vie de famille et vie professionnelle, il va encore de soit pour beaucoup que la priorité des femmes doit aller à la famille, et celle des hommes à la carrière. Et même quand ils ont des convictions égalitaires, les pressions sociales et des entreprises rendent leur position difficile. On pardonne plus facilement à une femme de partir un peu tôt du boulot pour aller chercher les enfants à l'école qu'à un homme.

Cela dit - J'ai un collègue qui, à 40 ans, vient d'être papa de jumeaux. C'est un type super ambitieux, qui a une carrière de chercheur florissante et qui a toujours été du genre à travailler soirs et week-end pour publier des articles, lancer des projets, devenir une pointure dans le domaine. Ce à quoi il est parvenu.
C'est aussi un homme par ailleurs proféministe. Eh bien, pour la première fois de ma vie, j'ai rencontré un homme qui m'a dit qu'il mettait sa carrière en berne pour quelques années, pour s'occuper de ses enfants autant que sa femme, quitte à prendre des congés sans soldes - parce que c'était bien d'avoir des convictions mais qu'il fallait aussi les mettre en pratique. Et, en effet, il a complètement changé sa relation au travail depuis la naissance de ses enfants.
Mes autres collègues qui ont ce profil de chercheur ambitieux ont tous sans exception une femme qui a "consenti à des sacrifices" pour la carrière de leur mari - alors qu'elles ont le même niveau d'étude, voire plus prestigieux. Ils sont tous des gars ouverts, intelligents, qui partagent les tâches ménagères, proféministes... mais au moment où les opportunités de carrière se présentent, naturellement il faut faire des choix, et à moins d'être militant ils se font presque toujours dans le même sens.

'fin bref. Désolée pour la tartine.

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Altaïr
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Altaïr » 02 août 2019 15:36

Altaïr a écrit :
01 août 2019 09:42
Oh, ça c'est joli aussi : https://ellesfontduvelo.com/2019/07/les ... ar-la-ffc/

ça a l'air cool la fédération française de cyclisme :diable:

Image
Les Missyclettes reflètent la femme d’aujourd’hui, la jeune fille, de la fillette à la maman, la working girl sensible aux nouvelles
tendances, la femme fidèle à la tradition.
C’est une communauté, une appellation qui fédère, qui rassemble et qui sensibilise à la pratique du vélo.

Les Missyclettes représentent des valeurs : la liberté, l’autonomie, le sport, la santé, la douceur, la convivialité, le challenge, le partage.
Et pendant ce temps... signalée par mes amis fans de vélo, ma nouvelle héroïne, Fiona Kolbinger :


La transcontinentale est une course mixte d'ultra-endurance en vélo - le but étant de ralier la mer noire à brest (4000 km!), en gérant de manière libre ses trajectoires et ses étapes, avec juste quelques corridors obligés étalés le long du trajet (genre, là ils en bavent à l'Alpes d'Huez)
Une femme avait déjà gagné la transaméricaine en 2016.
Et il y a une opinion de plus en plus fréquente dans le milieu qui est que les femmes sont potentiellement meilleures que les hommes sur ce type d'épreuves. C'est juste que pour le moment ça manque de candidates (elles sont environ 10%).

Et pendant ce temps, toujours pas de tour de France au féminin, mais des working girls sensibles aux nouvelles tendances représentées en rose avec des paillettes sur le site de la FCC... :hehe: :hehe: :hehe:

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elpiolito
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par elpiolito » 20 août 2019 11:45

Nicknackpadiwak a écrit :
30 juil. 2019 22:26
Je passe mes vacances en Val-et-Cher avec mes beaux-parents.







Voilà, j’ai laissé passer la minute de silence et je peux commencer à raconter mon anecdote. Donc hier, je me suis retrouvé devant la télé à regarder la fin d’un épisode de Nicolas le Floch. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’une fiction française, faite d’enquêtes policières se passant dans les années 1760. Pour ceux qui veulent regarder l’épisode, attention, je vais spoiler.

Donc dans cette série, il s’agissait d’une meurtrière qui avait empoisonné les enfants de son mari pour toucher l’héritage. Nico l’avait fait démasquer en lui faisant croire qu’elle venait d’être empoisonnée et elle avait avoué ses crimes, cette naïve (mal, car l’actrice joue comme une patate).

Donc voilà, ans une des dernières scènes, la bougresse est en prison et son mari lui rend visite. Et on sent que celui-ci est presque prêt à lui pardonner le meurtre de ses enfants. Mais lorsque sa femme lui confesse ne pas l’aimer et être amoureuse d’un autre, c’est en trop et le mari la tue. Bam. Comme ça. Et voilà, qu’en 2019, on vient de voir en toute tranquillité et en mode normal, un féminicide, le meurtre d’une femme par son mari car celui-ci refuse qu’elle ne soit pas qu’un objet à sa disposition et qu’elle puisse éprouver lui échapper. Et personne chez moi n’a été choqué, c’était limite bien fait pour elle, alors que c’était d’une rare violence (pas graphique certes).

Ah, l’effrayant quotidien de la télé et de ces produits standardisés qui véhiculent l’air de rien des idées nauséabondes….
Tu te souviens de l'épisode en question ? Cela m’intéresserait de jeter un oeil au passage en question pour me faire une opinion non biaisée par ton message.

Je vais être honnête : je comprends ce qui te gêne mais moi, ça ne me choque pas plus que ça. J'ai même beaucoup plus de mal avec ton message qu'avec ce que tu y décris (mais c'est surement plus de l'incompréhension ou une mauvaise expression).

J'y reviendrai mais avant qu'une personne lisant en diagonale ne s'emporte, sur le meurtre de la femme par son mari qui ne voulait pas lui laisser la liberté, tout ça, on est d'accord mais j'y reviendrai après.

D'abord, un peu de contextualisation.
Nicolas Le Floch, si mes souvenirs sont bons, ça fait 2-3 ans que c'est terminé. Les premiers épisodes ont d'ailleurs plus de 10 ans au moins. Je ne sais pas où se place celui que tu as vu mais disons qu'il a au moins 5 ans. Donc, ce n'est pas une "nouveauté".
Pourquoi je dis ça ? Parce qu'il y a une grosse prise de conscience depuis 2-3 ans sur la condition de la femme et les discriminations en général et ce qui était admis il y a encore 5 ans ne l'est plus aujourd'hui. Ce qui est une bonne chose.
J'entendais encore ce matin à la radio parler du match de foot à Nancy (sont pas très finaud là bas ;) ) où l'arbitre avait suspendu le match suite à des chants homophobes : c'est un tout petit début mais un début quand même qui n'aurait même pas eu un début de discussion il y a encore 5 ans.
Tout ça pour dire qu'il est important de recontextualiser les choses vis-à-vis de leur contexte : Tintin au Congo, on sait tous que c'est raciste mais à l'époque, c'était dans l'air du temps. Il y a très certainement des choses dans Nicolas Le Floch qui sont douteuses au regard de nos standards actuels mais qui ne l'était pas à l'époque. Cela ne veux pas dire que c'était bien à l'époque, c'est juste que c'était accepté.
Se pose alors la question de la rediffusion : pourquoi rediffuser des programmes qui peuvent être douteux ? Vaste question. Mais se poser ce genre de questions revient glisser sur la pente du révisionnisme. L'autre jour, je suis retombé sur un James Bond de Roger Moore : ils sont absolument dégoulinant de sexisme, c'est vraiment une catastrophe. Faut-il alors en interdire la diffusion ? Cela revient au même que ceux qui trouvent que Friends est homophobe/racsite/etc. Il y a surement des blagues douteuses dans Friends mais doit-on ne pas diffuser la série ? On touche vraiment au révisionnisme et ça c'est pas bon.

Secundo, Nicolas Le Floch est une fiction dite "historique", se déroulant dans un contexte particulier. Je ne sais pas si ça se veut réaliste de l'époque ou si c'est juste un prétexte à utiliser des costumes mais ça décrit une autre époque. Autre temps, autre mœurs. On est bien d'accord que, dans une fiction de 2019 se déroulant en 2019, appeler un africain sale nègre et le traiter comme un esclave va choquer. En revanche, si on déplace l'action de la fiction en 1800, ça ne va pas choquer. C'est toujours la même chose, c'est toujours pas bien mais dans un cas on reproduit une époque où c'était monnaie courante et, en temps que spectateur, on va être moins choquer alors que dans l'autre c'est inacceptable. Il faut aussi recontextualiser vis-à-vis du récit et, même si je pense que NLF est assez flexible sur la réalité historique, certains choix de prime abord douteux peuvent s'expliquer.

Bref, re-contextualiser un poil ne fait pas de mal.

Venons en au féminicide en lui même. Je n'ai pas vu l'épisode et n'ai que ton avis biaisé donc je n'ai qu'une moitié du tableau. Une question que je me pose c'est comment est traité l'après meurtre. Est-ce que c'est meurtre puis arrêt du mari par la police, meurtre puis générique ou meurtre puis Nico qui passe voir le mari et l'invite à prendre une binouse à la maison pour fêter ça ?
On est d'accord pour dire que si ma seconde hypothèse est plus que limite, la troisième est injustifiable et est très clairement un cautionnement du meurtre que ni la date de la fiction, ni l'époque soit disant représentée n'excuse. J'ose espéré que ce n'est pas ce traitement qui a été privilégié (mais là encore, je n'ai pas vu l'épisode) sinon je suis autant choqué que toi pour le coup.
En revanche, si le mari est bien arrêté par la police juste après, alors le meurtre ne me choque pas du tout. Mais vraiment pas du tout.
On est ici sur une fiction policière. Donc il y a des crimes. Un crime, de base, c'est mal. Un meurtre, quel qu’en soit le mobile, reste un meurtre. Donc que la personne tue sa femme parce qu'il voulait pas la laisser partir ou tu sa grand-mère pour avoir l'héritage, ça reste un meurtre et ça ne se justifie pas. On peut trouver, dans certains cas, des circonstances atténuantes (légitime défense par exemple) mais ça reste des meurtres.

Maintenant, le mobile de ce crime que tu décris, il est commun. Tu es en 2019, tu as des gens qui battent leur femme et qui les tuent pour les mêmes raisons. A partir du moment où tu as une fiction policière, il te faut des crimes, des coupables et des mobiles. Et les mobiles, tu vas les chercher dans les faits divers, dans les éléments communs, qui arrivent tous les jours. Et donc ce meurtre est une image de la société.
Alors après, on peut arguer que montrer ce genre de crime n'aide pas à faire prendre conscience du problème, que ça n'aide pas à la diminution, etc. Oui, alors autant arrêter les fictions criminelles dans ce cas parce que tuer Mamie pour ses biftons ou même tuer ses enfants pour une raisons X ou Y, c'est pas franchement mieux (coucou les bébés congélateurs).
Ce que je trouve même limite dérangeant dans ton message, c'est que tu pourrais cautionner le meurtre si c'était pour avoir tuer les enfants et pas pour ne pas l'aimer. Ce n'est surement pas le cas, mais tu donnes l'impression de faire une échelle des crimes et de leur gravité, où il y aurait des cas où ça se comprendrait et pas dans d'autres, des cas où tu es choqué et pas d'autres. Moi ça me gêne un peu.
Tout ça pour dire que, fondamentalement, voir ce genre de crime dans une fiction ne me choque pas plus que ça.

Mais on est bien d'accord que ça dépend ensuite du traitement qui en est fait. Encore une fois, je n'ai pas vu l'épisode et si le mec s'en va la bite en l'air sans être le moins du monde inquiété, c'est une catastrophe, c'est malsain, tout ça. En revanche, s'il est arrêté, moi j'ai aucun problème.

Un point qui m'intrigue également, c'est que vous avez l'air d'être plusieurs à être choqué par ça alors que vous regardez, de mon point de vue, bien pire. Soyons honnête, les séries de zombies, c'est pas non plus ouf. Pire que ça je dirais, les viols de Game of Thrones ou The Handmaid Tales semblent limites moins vous choquer que Nicolas Le Floch. Personnellement, montrer des viols et des comportements auprès des femmes tels que ceux montrer dans les deux séries pré-cités ne semblent beaucoup plus malsains.
Parce que si un féminicide dans Nicolas Le Floch vous choque, ça en devrait être de même pour toutes les autres séries qui le font. Pourquoi alors ais-je l'impression que ce n'est pas le cas ? Qu'est ce qui les différencie ? Et bien je pense très honnêtement que vous avez un putain de biais sur la télévision.
GOt ou The handmaid tales ne vous choquent pas plus que ça parce que vous les téléchargez et les regardez en "pirate". Vous avez l'impression que c'est dans votre sphère privée, que c'est votre bulle et qu'il faut vraiment aller les chercher et donc du coup, que c'est réservé à une certaine catégorie de personnes qui vont avoir le recul nécéssaire. C'est sur que beau-papa et belle maman ne vont pas forcément s'y intéresser même quand c'est diffusé à la Tv Française (parce que oui, ces séries sont diffusées à la Tv française et à 21h, pas à 2h du matin).
Sauf qu'un ado de 14 ans qui télécharge ça n'a pas forcément le recul suffisant. Qu'est ce qu'il pense, qu'est-ce qu'il croit quand il voit des viols ou des tueries dans ces séries américaines qui sont reconnues par la critique ?
Là, j'ai l'impression que ça semble vous choquer parce que c'est une fiction française qui passe à la TV. Dès fois j'ai l'impression que pour vous, la TV est un joyeux monde de bisounours où il faut donner le bon exemple, faire tout bien comme il faut, etc. Spoiler : c'est pas le cas, et c'est orienté. Comme un journal papier. Comme la radio. Comme une série US ou Netflix.
J'ai l'impression aussi, parfois, en vous lisant, que la TV est pour des personnes un peu justes, limites rétrogrades et fachos et qu'il faudrait les éduquer à la bonne parole. On est parfois à la limite de la condescendance.
Mais faut pas se leurrer : c'est pas parce que tu ne regardes pas la TV et que tu regardes autre chose (Netflix par exemple), que tu es plus ouvert d'esprit. Je pense même, personnellement, qu'il y a plus de diversités d'esprit et d'ouverture à la télévision que sur les autres plateformes.
Alors c'est sûr que si on se focalise sur NRj12 et consort, c'est pas vraiment de la grosse culture. Mais il n'y a pas que ça et reprocher systématiquement à la tv de véhiculer des idées nauséabondes mais pas ailleurs, j'ai un peu de mal (je ne dis pas que ce n'est pas le cas et qu'il n'y en a pas mais pas partout, tout le temps).
On tape souvent sur Plus Belle La vie et les autres feuilletons du genre mais ce sont probablement les seules portes d'entrée de certaines personnes vers plus d'ouverture. Alors oui, ce sont des petits pas, ils se plantent parfois mais ils ont au moins le mérite d'amener des choses aux gens. Quand tu regardes PBLV et qu'un personnage que tu aimes depuis 2 ans fais son coming out ou décide de changer de sexe, c'est peut-être pas la folie furieuse, c'est peut-être maladroit parfois mais ça met le sujet sur le tapis.
Et peut-être que finalement, dans un épisode futur, deux personnages vont regarder cet épisode de NLF et se dire la même chose que toi et tes beaux-parents vont peut-être se dire "ah oui, c'est pas faux".

Bref, j'ai fait une tartine mais si tu as partagé ça sur le forum, c'est probablement pour échanger.
Personnellement, de loin sans avoir vu l'épisode, ça ne me choque pas plus que ça. Mais comme je l'ai dit, tout dépend du traitement qui en as été fait et si ça reste impuni, là il y a vraiment un problème. Autrement, moi je ne suis pas plus choqué que ça.

Après, concernant tes beaux-parents, bon, bah effectivement, ça risque de leur passer au-dessus et, comme beaucoup de gens, ils ont du mal à recontextualiser et ils se rattachent à ce qu'ils croient être bon, ce qu'on leur as toujours appris. Je ne les connais pas et je vois le genre de discussion surréaliste et butée que ça peut amener parfois mais tenté la discussion des fois amène de bonnes surprises. Je vais être honnête, ma grand mère de 87 ans qui bouffe du Plaza, du Bienvenue chez Nous et du PBLV toute la journée est beaucoup plus ouverte sur certains sujets que ma mère de 53 ans, même si ça ne semble pas le cas au premier abord.

Kiffe et paillettes :pompom:

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Nicknackpadiwak » 21 août 2019 11:02

Je n'ai vu que la fin de l'épisode donc je ne peux pas raconter le début. Juste que ça tourne autour de meurtres de personnes empoisonnées et qu'à la fin on découvre que c'est la nouvelle femme beaucoup plus jeune du papa de la famille qui a tué ses demi-frères (d'âge adulte, elle ne tue pas des mioches de 5 ans). Du coup, sa mort est vraiment une sorte de dénouement, un événement un peu superflu qui arrive tout à la fin. Son mari va la voir en prison et la tue. Je ne sais pas si on dit ce qu'il advient du mari. L'épisode se termine sur Nicolas et une de ses connaissances qui apprennent la nouvelle et regardent méchamment l'amant de la défunte, une sorte de Valmont des Liaisons Dangereuses en liberté et en train de draguer.

Mais la vraie histoire est que c'est les vacances, je viens de passer une heure à m'amuser avec mon fils dehors, je rentre car la nuit tombe et bam, sans prévenir je tombe sur un féminicide à la télé. Ça m’a secoué. Et plus qu'à Nicolas le Floch (je suis d'accord avec toi sur le truc de conceptualisation, toussa, toussa), j'en veux à la télé. Je ne regarde plus la télé. Quand je veux regarder un film ou un programme, j'ai la chance de pouvoir le choisir et je sais plus ou moins ce qui m'attend. Mais cela n'est pas possible à la télé où la possibilité de zapper fait qu'on peut tomber sur tout et sur ce genre de truc. Et ce qui m'a doublement choqué que pour tout le monde assis devant le petit écran il n'y avait rien de choquant, de révoltant. Et c'est vraiment la preuve qu'on est conditionné par des siècles et des siècles de mauvaises éducations, qu'on vit encore(!) dans un monde où qu'un homme puisse tuer sa femme parce qu'elle veut le quitter est une idée encore acceptable ou du moins entendable (cf l'anecdote de ML).

(Histoire de rebondir, effectivement, je n'ai pas d'échelles des crimes. Un meurtre est un meurtre, il n'existe pas de bonnes raisons de tuer quelqu’un. Cela inclut la peine de mort. Je disais juste que j'ai ressenti en visionnant l’épisode que pour le mari pouvait presque lui pardonner d'avoir tué sa famille (il commence la scène limite en pleurs), mais ne s'énerve réellement que lorsqu'elle lui annonce avoir un amant. Voilà fin de l’aparté.)


Après, est-ce la télé/média/film/etc qui influencent ou ne sont-ils que les représentant de cette tendance, c'est dur à dire. Mais cela n'aide pas. Et pour revenir à l'épisode, je ne pense pas que les scénaristes ont eu conscience de la portée de ce qu'ils ont écrit. Non, je les soupçonne d'avoir écrit un truc vite fait pour clore d'épisode. Question d'époque certes, mais pas que, il y a pas mal de facilité aussi. Après, je vais un procès d'intention à la série, elle est peut-être incroyablement bien écrite et je me trompe totalement.

Donc oui, je ne sais pas si je suis condescendant (mon frère dirait oui), mais j’avoue avoir du mal à comprendre les gens qui regardent que la télé sans recul, avalent ce qu'on leur dit d'avaler, qu'importe si c'est lourd, incohérent ou rance. Que pour se laisser imposer de la pub et devenir de dociles consommateurs, ils acceptent de manger ce qu'on leur dit et ne remettent rien en cause. Du coup, c'est du pain bénit pour les créateurs de programme qui ne s'embêtent pas à se creuser la tête pour apporter du neuf ou de la réflexion et ressortent leurs recettes congelées, dont parfois parmi elles, l'idée qu'un homme a le droit de tuer sa femme. Mais attention, dans ce panier, je ne mets pas que ceux qui regardent la télé pour se vider la tête (quelle idée….), mais aussi le consommateur boulimique de certaines séries Netflix (genre Casa de Papel). Ce n'est finalement pas à la télé que j'en veux mais à l'Humain qui consomme des programmes sans vouloir tenter de réaliser toutes la portée qu'il peut y avoir derrière.

Mais, malgré mon côté gros con élitiste, en aucun cas, je refuse toute forme de censure. Jamais je ne veux censurer Nicolas le Floch (avoue que c'est ça qui t'a fait peur), je suis contre le fait de revisiter des œuvres plus anciennes pour en enlever ce qui est devenu inacceptable de nos jours, c'est justement cela qui les rendent intéressantes, car elles représentent une époque, une façon de voir le monde. Mais, je suis un idéaliste et j'aimerais un monde où l'on puisse regarder un vieux James Bond, y prendre plaisir, mais que tout le monde se dise de temps en temps "oh, là, ça va loin, on a quand même bien évolué depuis, on est plus tolérant ». Mais ce n'est pas le cas.

Donc voilà, j'ai partagé avec vous cette anecdote avec vous car cela m'attriste qu'au hasard d'un zapping, on puisse tomber oklm sur une femme qui se fait tuer par son mari parce qu'elle ne l'aime plus et que le conditionnement culturel fait que personne ne soit vraiment choqué.

Alors peut-être, la solution serait que PBLV évoque les féminicides, ou mieux la responsabilité de la télé/média/journaux/politique/éducation/aidez-moi-je-ne-sais-quoi-c'est-quoi-la-vraie-cause qui tend à rendre ce geste "banal".

Leave, peace and Harmony :)

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Gizmo
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Gizmo » 21 août 2019 12:09

Personnellement, j'aime beaucoup la musique du générique de Nicolas Le Floch



Et après étude, c'est l'épisode 2 de la saison 4 : L'Affaire de la Rue des Francs-Bourgeois.

J'ai visionné la scène en question. C'est pas très très bien joué, mais le discours est là : le mari propose à sa femme d'user de ses relations pour la libérer et celle-ci refuse car elle ne souhaite plus lui appartenir, lui expliquant qu'elle ne lui est redevable de rien. il la poignarde, elle l'envoie au diable. On termine par ce bon vieux Nico dans une soirée mondaine qui apprend la mort de l'empoisonneuse et regarde, désabusé et "pétri d'angoisse" (comme lui dit sa bestah), le mari entamer une nouvelle entreprise de séduction. Et Nico dit alors ces mots (pas très bien joués car j'ai dû regarder 2 fois la scène pour comprendre) : "C'est en tout malfaiteur que je ne peux m'empêcher d'apercevoir la propre victime de soi-même". Et dans un dernier élan artistique, le monteur superpose au mari immoral une image en fondu de son ancienne femme décédée.

Bref, on est dans un récit policier tragique relativement classique où une coupable est poussée au crime par un contexte social (en l'occurence, si j'ai bien compris, un mariage forcé dont elle souhaitait s'échapper), là où celui qui la tue est légitimé par une société sexiste et profondément injuste. Il y a très clairement condamnation de la part du détective, et donc du récit, et aucunement l'approbation du crime du mari.

Mais bon, je pense qu'une intégrale + notation sur sérieall sera nécessaire pour approfondir tout ça.
"Les gens de gauche me trouvent trop à droite, les gens de droite me trouvent trop de gauche."
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Marie-Louise » 21 août 2019 13:34

elpiolito a écrit :
20 août 2019 11:45
J'entendais encore ce matin à la radio parler du match de foot à Nancy (sont pas très finaud là bas ;) )
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par elpiolito » 21 août 2019 15:02

Gizmo a écrit :
21 août 2019 12:09
Et après étude, c'est l'épisode 2 de la saison 4 : L'Affaire de la Rue des Francs-Bourgeois.

J'ai visionné la scène en question. [...]
Il y a très clairement condamnation de la part du détective, et donc du récit, et aucunement l'approbation du crime du mari.
Mouais, mi-figue mi-raisin quoi. C'est à moitié condamné mais pas trop, moitié justifié par le contexte historique mais pas forcément non plus, charge à celui qui voudra de prendre ce qui l'arrangera le mieux... Dommage.
Gizmo a écrit :
21 août 2019 12:09
Mais bon, je pense qu'une intégrale + notation sur sérieall sera nécessaire pour approfondir tout ça.
Désolé, je ne te suivrais pas sur ce coup là Gizmo :)

@Nicknackpadiwak : en fait, tu t'en rendu compte que tes beaux-parents étaient encore pluys beauf que tu ne le pensais et ça t'as choqué. Tu t'es alors demandé comment ta femme avait pu réussir à s'en sortir malgré tout, c'est ça ? :-p

Plus sérieusement, c'est plus profond que la TV ce que tu décris. Là, c'est le manque de recul vis-à-vis des choses qui te pose problème. Malheureusement, c'est un sujet super vaste. Tu peux aussi bien tomber sur des programmes douteux à la radio ou sur internet. Les réseaux sociaux sont d'ailleurs un sacré nid à conneries que malheureusement beaucoup de gens prennent pour vérité. Et même sans parler de média, j'étais l'autre jour dans une biocoop, j'étais effaré de voir en tête de gondole des bouquins du style "Comment renforcer le système immunitaire de vos enfants non vaccinés pour qu'ils vivent dans la joie, le bonheur et l'harmonie et fassent des cacas papillons ?" par un médecin homéopathe qui t'explique que dans le temps, il y avait pas de vaccins et qu'on utilisait des remèdes naturles pour renforcer le système immunitaire des enfants...
Bref, des conneries, pour moi, tu en as partout, tout le temps.

Et c'est très difficile de garder un esprit critique tout le temps, d'avoir du recul sur tout.

Déjà parce que pour avoir du recul sur un sujet, il faut de la connaissance. Un sujet que tu ne connais pas tu es incapable de savoir ce qui est bien ou pas, ce qui est acceptable ou pas. Encore plus quand ça touche les us et coutumes car c'est de la croyance et pas vraiment rationnel. Toi, le mobile du féminicide te choque, je partage complètement ton avis sur le sujet mais on est des personnes relativement ouvertes et critiques sur le sujet. On s'est posé des questions dessus, on a lu des choses dessus (Altair nous a bien a bien poussé le truc ;-)), tout un tas de choses qui font que sur le sujet, tu prends facilement du recul. Il faut prendre aussi en considération qu'étant instruit sur le sujet, tu vas savoir aller chercher les informations qui vont infirmer ou confirmer ce que tu as vu, tu vas avoir suffisamment de bille pour savoir.

On peut me répondre que même sans être expert dans le domaine, on peut avoir de la curiosité et du recul. C'est vrai mais là encore, ça nécessite de l'instruction. Il faut avoir appris à aller chercher, à se questionner, à s'intéresser aux choses. Très clairement, pour une bonne partie des gens, en dehors de leur nombril, c'est compliqué. Il y a, bien entendu, des affinités naturelles qui font que tu es plus ou moins curieux mais l'éducation fait beaucoup : si, petit, tes vacances avec tes parents consistaient à d'enduire d'huile et rester faire la crevette, il est clair que c'est moins stimulant que de faire des visites ou d'explorer une région. Pareil, est-ce que tu as eu des enseignants qui vont te pousser à réfléchir, à aller chercher ou est-ce que ce sont juste des personnes qui vont te bourrer le crane ? Mine de rien, ça conditionne beaucoup le reste parce que si tu n'as pas ces réflexes de prendre du recul, c'est très compliqué de faire la part des choses. Et là, c'est vraiment une instruction, c'est compliqué d'apprendre tout seul.

Mais tu peux très bien avoir ces réflexes de prendre du recul et pourtant être coincé aussi par manque de connaissance. Pour prendre du recul, il faut connaitre un peu le sujet et savoir différencier le bon du mauvais, du moins les grandes lignes. Un sujet que tu ne connais pas, tu ne peux savoir. Alors effectivement, dans les cas de meurtres, viol, etc. tu peux t'en sortir en te raccrochant aux us et coutumes, à la morale, aux racines. Là, tu peux te dire "attends, pour une femme c'est pas bien et pour un homme c'est bien... uhm, il y a peut-être un soucis". Mais c'est pas le cas de tous les sujets.

Si je te prends des choses sur l'informatique par exemple, on est d'accord que tu n'y comprends pas grand chose. Si je te dis quelque chose, comment tu prends du recul vis-à-vis de ça ? Tu cherches sur internet ? Tu tombes sur deux articles, un qui te dit la même chose que moi, l'autre qui te dit le contraire, tu fais quoi ? Tu vas essayer de te raccrocher aux branches : tiens, l'article qui est d'accord avec elpio, c'est un article d'un site russe alors que l'autre c'est dans le Monde, peut-être que celui du Monde est plus fiable, etc. Mais tu vas difficilement pouvoir prendre du recul parce que tu n'es pas forcément initié, parce que tu n'as pas été guidé dans le domaine par quelqu'un qui t'as un peu orienté au début, en te donnant des sources fiables et d'autres non, etc.

Dernièrement, il y a eu des pseudo"scandales" sur les écoutes par les assistants connectés de Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft, etc. qui enregistraient les conversations des gens, conversations qui étaient analysées ensuite par d'autres gens. Oh mon dieu, ma vie privée, tout ça. Sauf que c'est marqué noir sur blanc dans les CGU des outils et ça fait des années qu'il y a des cases à cocher "aider nous à améliorer le logiciel en autorisant la collecte de données". Comme Google ou facebook où tu découvres de temps à autres qu'ils ont captés telle ou telle données "privées" : leur business model, c'est de vendre de la pub ciblée. Pour être efficace, il te faut connaître tes cible,s donc récupérer des données. Tout ce que tu envoies sur ces plateformes doit être considéré comme public, même les photos de ta bite que tu échanges avec ta femme via messenger. Pourtant, tu vas continuer à utiliser Facebook, Skype pareil. Et pourquoi ? Parce que tu fais confiance, parce que tu penses que c'est bien, parce que tu ne sais pas, parce que tu ne connais d'alternatives, pour tout un tas de raisons qui font que ça te passe au dessus.

Et soyons honnête, si personne ne te dit quoi regarder, comment naviguer dans les informations sur l'informatique, tu passeras à côté de la moitié. Tu ne les verras pas parce que tu ne sauras même pas qu'elle existe. C'est exactement pareil pour la misogynie, le racisme, etc. Si tu baignes dedans, si on ne vient pas t'en sortir, tu auras du mal à en sortir tout seul.

Du coup, pourquoi la TV ne jouerait pas le rôle d'éducateur, ne propagerait pas la bonne parole ? Elle le fait. Très honnêtement, il y a des programmes qui sont absolument fabuleux. Par exemple, dans mon cas, ça m'arrive des fois le soir de rester bloquer sur C dans l'air à regarder des gens débattre des relations USA-Chine. C'est con mais tu vas avoir des mises en lumière de certains sujets, des éclaircissements : ça permet de te faire une opinion, de prendre du recul sur certains sujets, c'est vraiment bien. Pareil dans un autre genre, tu as D'artd'art après le journal de 20h sur France 2 : c'est 2 minutes pendant lesquelles ils t'expliquent une oeuvre d'art, la démarche du peintre, etc. C'est juste 2 minutes mais ça te permet de te cultiver et d'appréhender autre chose.

Le problème, la plupart des gens ne vont pas aller vers ce genre de programmes. Parce qu'ils ne les connaissent pas ou qu'ils les prennent pour des programmes d'intellos, de bourgeois, de cons condescendant. Peut-être même que certains ont déjà regardé mais n'y comprennent rien ? Après, si tu bosses 7-8h dans une usine tous le sjours, le soir tu es rincé, t'as peut-être pas envie de regarder des émissions "culturelles". Du coup, tu prends le premier programme pas trop compliqué, à priori, qui te yombe sur la main, programme qui fait dans le mainstream et la facilité, qui dénonce sans dénoncer, qui ne se mouille pas. Et tu restes dans tes certitudes et ainsi de suite.

Après, une chaine de Tv n'étant pas l'armée du salut, si faire des fictions qui brassent les idées reçues sans trop en avoir l'air marche plus que l'émission culturelle, elle aurait tord de s'en priver. Après, est-ce qu'il ne faut pas avoir quelques programmes comme ça pour pouvoir en supporter d'autres plus profonds mais moins rentables ? Là encore, sujet à débat.

Tu peux t'en offusquer mais si personne ne t'as expliquer, ne t'as montré les choses, c'est difficile d'y parvenir par soi-même. Et plus tu avances en âge, pire c'est parce que souvent tu établis ta famille, tu rencontres moins de gens différents, tu restes dans les mêmes cercles, tu as une certaine stabilité qui te rend de plus en plus aveugle au reste. Et tu deviens un vieux con :)

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Nicknackpadiwak » 22 août 2019 09:32

Je suis entièrement d'accord avec toi
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sur le fait que je vais devenir un vieux con.
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Non sérieusement, c'est beau et tristement vrai ce que tu écris

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Koss » 22 août 2019 10:43

Elpio : "Je n'ai pas vu l'épisode"

Also Elpio : /fait un pavé sur le dit épisode.
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Quoi je viens remettre une pièce dans le débat alors qu'il était terminé ? Oui peut-être...
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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par elpiolito » 22 août 2019 11:14

Koss a écrit :
22 août 2019 10:43
Elpio : "Je n'ai pas vu l'épisode"

Also Elpio : /fait un pavé sur le dit épisode.
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Quoi je viens remettre une pièce dans le débat alors qu'il était terminé ? Oui peut-être...
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C'est de la politique. Tu peux pas comprendre ;-)

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Koss » 22 août 2019 12:55

elpiolito a écrit :
22 août 2019 11:14
Koss a écrit :
22 août 2019 10:43
Elpio : "Je n'ai pas vu l'épisode"

Also Elpio : /fait un pavé sur le dit épisode.
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Quoi je viens remettre une pièce dans le débat alors qu'il était terminé ? Oui peut-être...
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C'est de la politique. Tu peux pas comprendre ;-)
P'tain tu m'as kossé batard.

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Altaïr » 24 août 2019 18:11

J'avoue que le fait de voir des séries chinoises m'a encore plus ouvert les yeux sur le "problème" qu'ont les fictions occidentales, et en particulier françaises, concernant l'écriture des femmes (et sans doutes de plein d'autres d'endroit (le Japon, pour ne pas le citer), hein, mais là on parle d'une série françasie).

Parce que les femmes, dans les séries chinoises, sont écrites avec le même soin et le même respect que les personnages masculins, sans condescendance. Elles ne sont jamais sexualisées, jamais de simples faire-valoirs, elles ont toujours leur propre histoire, leurs propres motivations, une personnalité complexe (dans celles qui sont bien écrites). On ne les ramène jamais à leur condition de femme, à leur physique, à l'attraction qu'elles suscitent. Ce sont toujours des sujets de leur propre histoire, pas des objets des histoires des autres. Qu'elles soient dans des rôles traditionnelles de mères, concubines, épouses, princesses, secrétaire, ou dans des rôles de "femmes fortes", flic, générales, femmes d'affaires, PDG, médecin, chercheur, qu'elles soient plutôt "gentilles" ou "machantes", j'ai pour le moment rencontré très peu d'exceptions...

Ca peut sembler con, et évident, mais franchement la comparaison appuie là où ça fait mal et on aurait bien des leçons à en tirer.

(Par ailleurs les fictions chinoises ont plein d'autres problèmes dus notamment à la censure et à la propagande, et ça n'empêche pas une bonne dose de déchet, mais sur ce point honnêtement c'est quasiment un sans faute - et c'est une des grosses raisons pour lesquelles elles me plaisent tant)

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Altaïr » 27 août 2019 09:59




(pour info, il s'agit de Zara)

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Jo_ » 28 août 2019 22:28

Zara n'en est pas à son coup d'essai concernant l'image de son enseigne (remember l'étoile jaune sur un t-shirt enfant).
Il faut vraiment qu'ils revoient leur com... Parce qu'effectivement, si 40/42 c'est une taille forte, on n'est pas dans la merde.

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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par elpiolito » 04 sept. 2019 14:41


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Re: Le topic du féminisme, racisme, classisme, et autres mots en -isme

Message par Youkoulayley » 05 sept. 2019 13:35

Y'a un super livre à ce sujet : https://www.goodreads.com/book/show/348 ... actfulness

Je suis en train de le lire et c'est très bien, je vous le conseille :p

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