Perso moi c'est même le premier film depuis trèèèèèèèèèèèès longtemps qui m'a immédiatement donné envie de le revoir à la seconde où il s'est terminé. J'attends d'être inspiré pour en parler.
Sinon, je suis aussi allé voir ceci :
Creed II (2019) de
Steven Caple Jr.
Lui par contre, c'est moins bon. Beaucoup moins bon même. Le moins bon film de sa saga pour moi. Creed et Rocky confondus.
Déjà parce que côté réal, Coogler a cédé sa place et ça se sent. Oh que ça se sent. Steven Caple Jr., dont c'est le premier gros film, n'a malheureusement ni l'inventivité de son prédécesseur, ni l'intensité dramatique de John G. Avildsen, ni l'efficacité brute de Stallone. Il se contente d'essayer de coller au possible à la patte de Coogler sans jamais réussir à pleinement comprendre ce qui la faisait marcher dans le précédent film et offre une mise en scène, à un plan près qui est au tout début du film, absolument vide d'idées. Plutôt efficace oui. Mais jamais une seconde inspirée et surtout personnelle, le film n'ayant aucune identité propre tant vis à vis de Creed que de Rocky.
Les combats, sans jamais être une catastrophe non plus, manquent cruellement d'intensité. Ce qui est un comble vu les personnages qu'il confronte. Coogler, en faisant mettant Adonis Creed face au champion du monde des poids lourds dans le film précédent, soit un mec qui n'a absolument aucune autre forme de lien avec lui que cela, avait réussi à en tirer un combat mille fois plus prenant et palpitant. Stallone aussi avait réussi à tirer 2 formidables combats entre Rocky et Clubber Lang dans le III, ce dernier n'étant pourtant rien d'autre pour Rocky qu'un miroir déformé d'aspects de lui-même, soit celui de ses adversaires qui avait le lien affectif le moins fort avec lui de la saga (à part celui du VI, mais là c'était différent puisqu'il projetait sa propre vieillesse en son adversaire, en faisant ainsi un combat très personnel). Là Adonis affronte le fils du mec qui a tué son père, et en tant que spectateur on s'en bat la race comme ça n'a jamais été le cas de toute la saga. Des 2 sagas.
Il faut dire que le scénario ne les aide vraiment pas non plus. Jamais on ne ressent vraiment le lien qui unit les deux hommes (et le lien qui unit Rocky et Ivan, même s'il est un peu plus présent, on ne le sent que parce qu'on a vu Rocky IV avant). Ca va même plus loin : on ne comprend pas ce qui les pousse à s'affronter (surtout pour Adonis) malgré le drame familial assez énorme qui les unit et les conséquences logiques qui en ont découlé. Du moins, l'écriture du film n'arrive absolument jamais à nous le faire ressentir à l'écran.
Le souci, c'est que cet aspect du film aurait marché si l'on ne connaissait rien d'Adonis ou du moins pas ce qu'on a appris de lui dans le 1er Creed. Adonis n'a jamais connu son père, dont il est l'enfant illégitime, et qu'il n'aurait probablement jamais connu non plus même s'il n'était pas mort. Il a ainsi toujours entretenu une relation de distance vis à vis de ce dernier.
Le 1er Creed arrivait à nous faire comprendre son besoin de marcher pourtant sur les traces de son père, afin de pouvoir en combattre et en vaincre le spectre qu'il lui avait légué. Mais l'idée était bien là qu'il arrivait à faire la paix avec son père en en combattant la légende et surtout qu'il ne l'apprécie pas et qu'il se sent abandonné et étranger à lui (ce que la scène finale de Creed II confirme bien d'ailleurs).
Creed II échoue à nous faire comprendre pourquoi il tiens avec une telle hargne à venger son père alors que compte tenu de ce précédent développement il aurait été très facile d'y parvenir et d'en tirer quelque chose d'intéressant. Sauf que ça, Creed II décide de l'ignorer et de faire qu'Adonis souhaite venger son père parce que c'est son père et parce qu'il est obligé de se venger. Et c'est tout. Il y avait des tas de pistes à explorer avec ce que laissait le premier, comme entre autre le fascinant personnage de sa mère qui est quand même une cocue qui a accepté de prendre sous son aile et d'aimer sincèrement comme son fils le fruit de la tromperie de son mari (Sérieux, on en a souvent des personnages comme ça ?! Vous n'avez à ce point pas envie d'en savoir du tout plus sur elle ?) dont le point de vue sur la question aurait pu être intéressant à développer. Mais non, elle, comme tous les personnages secondaires du 1er film est reléguée au rôle de figurant complètement inutile à l'intrigue, ne servant que d'obstacles éphémère à la décision du héros de la manière la plus basique qui soit, en plus de faire redite au rabais biiiiien soldé de Rocky IV sur la question. Il n'y avait pas besoin d'y passer les 3/4 du film dans ce cas ...
Même si c'est mieux traité de son côté, il y a aussi un peu de ça avec Viktor Drago. Outre le fait qu'au-delà d'une scène qui aurait pu refaire basculer le film dans le positif il n'a absolument aucune personnalité (même si là pour le coup ça sert un propos plus intéressant, mais contre-productif pour le film en conséquence), on ne comprend pas trop non plus pourquoi il hait Adonis à ce point-là. C'est Rocky qu'il devrait haïr comme cela. C'est dans la haine des conséquences de la défaite de son père cristallisée par Rocky que son père l'a élevé. Pas du bâtard illégitime de sa victime dont il ne connaissait pas l'existence et la profession au début même du film ! Sans la faire s'effondrer, ce genre de soucis d'écriture malheureusement trop fréquents dans le film vient tout de même bien plomber la charpente de l'ensemble. Et vu qu'aucune intrigue n'existe vraiment à côté de celle-ci, les autres étant bien plus souvent des bouches trous pour tenir 2 heures qui évoluent hors champ (la storyline de Rocky est pas mal de ce côté-là), c'est quand même bien problématique.
D'ailleurs, un aspect qui montre bien que l'écriture de ce volet est bien faible, c'est à quel point il fait artificiel à l'arrivée. Dans les autres films de la saga, même les plus basiques, on croyait à leurs personnages et à la conviction de ce qu'ils énonçaient. Ca a donné bien des dialogues marquants et scènes touchantes qui restaient gravés et qui avaient une vraie résonance. Il n'y a absolument rien de tout cela ici. Pas un monologue, pas une réplique, pas une once du punch et du dynamisme communicatif que propageaient les films précédents ne ressort de la séance de Creed II. Les personnages et les répliques sont en pilote automatique et le discours est creux, particulièrement en fin de film car n'ayant aucune résonance et bien peu de cohérence avec ce que le film avait montré jusqu'alors.
Le film n'apporte pratiquement rien à la saga. Et ça mine de rien c'est une première. On peut critiquer les Rocky et le premier Creed tant qu'on veut, mais il est indéniable que chaque nouveau film, même les moins bons, exploraient une nouvelle facette de son univers, de ses personnages et de ses thématiques. D'autant que le matériel, issue de Rocky comme surtout de Creed, était là pour se faire.
Creed II, c'est un faux remake de Rocky II, III et IV en mal digéré, mal compacté, assez contre-productif et en mode pilote automatique non désactivable. Je sais bien que la saga Rocky n'a jamais été un sommet d'imprévisibilité, mais bon sang c'est quand même hallucinant à quel point tout, absolument TOUT se voit venir à des kilomètres à la ronde ! Pour compenser encore aurait-il fallu apporter au film l'énergie, l'émotion et la dramaturgie suffisante pour se faire. Ce que le film ne fait au mieux pas assez, au pire pas du tout.
La seule vraie nouveauté du film réside au final dans la storyline des Drago, qui avait le potentiel d'offrir un propos intéressant sur la vengeance, la prédestination et leurs emplois dans une dynamique sportive. Manque de bol, c'est de loin l'intrigue la plus sous-exploitée du film, ce dernier préférant s'attarder sur des scènes complètement inutiles à l'intrigue qui remakent Rocky II pour remaker Rocky II, et ce assez mollement dans un rythme bien trop mollasson (le film étant de toutes façons bien trop long pour ce qu'il raconte au final. Si Rocky III et IV marchait en dépit de la légèreté de leurs scénarios, c'était aussi parce qu'ils étaient de puissants shots d'1h25 qui allaient directement à l'essentiel. Ce qu'ils n'auraient pu faire avec 50 minutes de plus comme ici). Et c'est dommage car elle offre au final les très rares uniques scènes qui restent un peu en tête à la sortie du film. Son traitement semble d'ailleurs encore une fois assez contre-productif vis à vis des intentions du film car il humanise juste ce qu'il faut les personnages pour qu'au final j'ai presque plus envie d'être de leur côté que de celui de Creed (mais ça, on y reviendra) pour au final n'en faire presque rien, créant ainsi un conflit moral chez le spectateur qui l'empêche de pleinement profiter du combat final alors que s'ils avaient assumer d'en faire les bêtes de haine et de vengeance bêtes et méchantes qu'elles ont été durant toute la première moitié du film, ça n'aurait pas été le cas.
Le tableau que je dresse semble très négatif à première vue mais en soi le film se regarde sans vrai problèmes sur le coup (si ce n'est un gentil ennui, je me suis tout de même fait un peu chier par moments). Et les acteurs sont toujours très efficaces et investis, avec même quelques petits passages émouvants par-ci par-là (Lundgren en particulier) ...
Mais plus j'y repense à ce film, moins je l'aime. Avec le recul - et c'est un peu paradoxal car c'est l'aspect du film que j'ai le plus aimé - je pense qu'à l'échelle de la saga le retour des Drago était une fausse bonne idée. C'était trop tôt. Le personnage d'Adonis n'avait pas assez vécu avant. L'univers de Creed et ses spécificités non plus. Alors je comprends bien l'intention : Stallone, soucieux de ne pas être trop envahissant, souhaitait faire de ce film le chant du cygne de son personnage pour pouvoir laisser Michael B. Jordan et la saga Creed voler de leurs propres ailes en les affranchissant définitivement de Rocky et son univers, et ça ne pouvait se faire sans régler ce dernier point de scénario. Et on verra plus tard qu'il n'avait pas tort. Mais je persiste à croire que la saga aurait gagné à traiter cette histoire autrement. Sans doute soit immédiatement, soit plus tard. Là ça donne juste l'impression très frustrante d'avoir à moitié raté le main event de toute la saga par pure précipitation.
Car le vrai échec du film, en plus de tout le reste, il se situe là en fait : non seulement Creed II, au-delà de son imperfection, n'est pas une bonne suite de Creed, mais surtout, il fait ressortir les faiblesses du volet précédent. Et une qui si elle ne parasite pas du tout le premier film, l'est déjà beaucoup plus pour cette suite et risque de se révéler mortelle pour l'avenir de la saga, du moins me concernant.
Là réside peut-être le seul point sur lequel je remercierais le film : sur un plan plus personnel, il m'a enfin permis de mettre le doigt sur ce qui faisait que malgré le fait qu'il n'avait objectivement rien à envier au premier Rocky et était d'un point de vue formel tout aussi réussi que lui, je n'arrivais pas à considérer Creed comme au-delà qu'un très bon voir excellent film là où Rocky est un chef d'œuvre pour moi et que je lui préférais même certains des autres épisodes qui étaient pourtant moins parfaits et implacables que lui.
La réponse je l'avais pourtant sous le nez depuis le début : Rocky. Ou Adonis, c'est selon.
Car ce film m'a fait me rendre compte que là où je suis très attaché à Rocky, je ne le suis pas du tout pour Adonis. Et qu'au final, les seuls moments où Creed II fonctionne vraiment pour moi, et les seuls passages où le premier m'avait ému et offert ses meilleures scènes sont tous de près ou de loin (et la plupart du temps surtout de près, malheureusement) irrémédiablement liés à Rocky (d'ailleurs Creed II en a parfaitement conscience, car pour faire naître l'émotion à la fin, le film laisse tomber la bande son rap et les rappels au premier Creed qu'elle a disséminée tout le long du film pour dégainer 2 des musiques cultes de Rocky qu'elle superpose à la fois sur la conclusion qu'elle offre à Rocky, mais aussi à Adonis). Au point que j'ai désormais la certitude que sans le personnage de Rocky Balboa, j'aurais considérablement moins apprécié ces 2 films qu'en l'état. Adonis et les spécificités de Creed n'ont rien de honteux et sont très sympathiques. Mais pour l'instant je n'y suis pas attaché. Ils ne m'émeuvent pas, ils ne me stimulent pas.
Le 1er Creed était parvenu à faire illusion sur ce terrain-là car Coogler avait eu le talent de réalisateur et de scénariste nécessaire afin d'entremêler à merveille les 2 univers pour que Rocky soit le levier qui aide sa saga à décoller en me faisant ressentir ces choses pour ces éléments (qui bien souvent allaient à l'inverse de Rocky, Adonis Creed étant en bien des points son contraire et peut être est-ce pour cela que j'ai bien plus de mal à m'attacher à lui) qui se révèle au final ne pas plus me stimuler que cela.
Steven Caple Jr. a fait la bêtise de les dissocier et de les faire se marcher continuellement dessus, me faisant ainsi constater l'inévitable, et surtout déprécier pas mal de ses éléments (Adonis en tête qui est assez insupportable par moments) par le traitement hasardeux qu'il leur propose sans pour autant parvenir à accomplir la promesse de la fin du film consistant à dire que ça y est, la saga est maintenant prête à partir de son côté. Et ça, ça va poser un vrai problème à la saga car bien au contraire, le départ définitif de Rocky donne ici bien plus l'impression qu'on a lui retiré sa béquille alors qu'elle vient d'être mise dans le plâtre. Non seulement je ne voie absolument pas sur quoi la saga peut désormais continuer sans faire dans la redite vis à vis de Rocky, mais j'ai en plus la quasi-certitude qu'elle ne parviendra pas à m'intéresser sans lui. Alors que paradoxalement seule une réaffirmation de son identité et un vrai travail de développement de son univers est désormais capable de la sauver.
Tout va donc se jouer sur Creed III, qui se devra d'accomplir la promesse échouée de son prédécesseur pour que la saga puisse avoir un espoir de redresser la barre. Mais compte tenu des circonstances et de ce qu'a provoqué et soulevé ce second / huitième opus, c'est peu dire que je ne suis pas confiant du tout.
Ma Note : 10/20
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