Films coup de coeur, coup de gueule

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Marie-Louise
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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Marie-Louise » 27 avr. 2020 07:13

Nicknackpadiwak a écrit :
26 avr. 2020 13:18
Marie-Louise a écrit :
26 avr. 2020 10:48
Sinon rien à voir, mais j'ai habité quelques années dans une maison qui avait auparavant appartenu à CharlElie Couture. Voilà, c'est tout, ça m'y a juste fait penser. :gene:
Tu l'as faite exorcisé?
Hahaha pas celle-là, non (oui parce que j'ai aussi vécu gamine dans une maison hantée par des "vrais" fantômes) (vous avez le droit de ne pas me croire), mais ma grande sœur dormait dans son ancien studio qui était une annexe au fond du jardin, et elle y a développé ses plus grosses crises d'adolescence, c'était peu-être lié. :mrgreen:

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Altaïr
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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Altaïr » 27 avr. 2020 09:10

Nous c'est marrant, les enfants n'ont jamais accroché à Toy Story, et ma fille a été un peu traumatisée par le 3, qui lui a fait vraiment peur je crois quand elle l'a vu :)
Comme tu l'as dit, il y a des moments qui mettent mal à l'aise, et je pense que c'est ce qui les dérange. C'est dommage mais bon :)

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Nicknackpadiwak
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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Nicknackpadiwak » 27 avr. 2020 12:00

Marie-Louise a écrit :
27 avr. 2020 07:13
Hahaha pas celle-là, non (oui parce que j'ai aussi vécu gamine dans une maison hantée par des "vrais" fantômes) (vous avez le droit de ne pas me croire), mais ma grande sœur dormait dans son ancien studio qui était une annexe au fond du jardin, et elle y a développé ses plus grosses crises d'adolescence, c'était peu-être lié. :mrgreen:
Oh, vas-y raconte, je suis intéressé. Il me semble que tu en as déjà parlé en plus.

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par elpiolito » 27 avr. 2020 15:37

Marie-Louise a écrit :
27 avr. 2020 07:13
Hahaha pas celle-là, non (oui parce que j'ai aussi vécu gamine dans une maison hantée par des "vrais" fantômes) (vous avez le droit de ne pas me croire), mais ma grande sœur dormait dans son ancien studio qui était une annexe au fond du jardin, et elle y a développé ses plus grosses crises d'adolescence, c'était peu-être lié. :mrgreen:
Dans ses pires cauchemars, elle se retrouvait en perdition dans un avion sans ailes... :mrgreen:

De mon côté, j'ai vu ce chef d’œuvre cinématographique qu'est Star Wars 9 : L'ascension de Skywalker.

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J'avais déjà vaguement lu les avis dithyrambiques de Koss et Youk dessus mais bon, Star Wars pouvant être facteur d'exagération, c'est pas mal de se faire une opinion. Je rejoins leurs avis.

En gros :
  • Pas de cohérence entre les films. JJ a proposé des pistes que Johnson n'a pas explorées pour en proposer d'autres que JJ. n'a pas exploré pour rattraper les premières et en en proposant d'autres. Au final, on a des trucs commencés qui sont, au mieux complètement laissées en suspend, au pire torché comme pas permis avec en surimpression de la pellicule un gros doigt d'honneur.
  • Un film double : on sent la compression des 8 et 9 que JJ. avait voulu, osef Ryan. Les 5 premières minutes épileptiques en sont une conséquence, où tout est balancé comme ça, sans plus d'explication, sans que rien ne soit amené : c'est comme ça et tu dis rien. Il n'y a pas un seul moment de respiration dans ce film, pas un seul moment pour souffler : on aligne, on aligne et on passe à la suite. Le pseudo avantage, c'est que le spectateur n'a pas le temps de regarder les trous du scénarios. En vrai, le spectateur est perdu donc n'a plus qu'à regardé les trous béants du sécnario.
  • Le film est un copier coller de la première trilogie, mais méchant. On sent que la première moitié du film est une sorte de copie du 5 avec ce maxi twist sur l'origine de Rey (copie de l'empire contre attque, powa) et l'autre moitié un faux remake du 6 où on a affrontement avec palpatine/destruction d'une antenne tv pour permettre de détruire les vilains. Sauf que c'est mal amené, mal fait et surtout, déjà fait.
  • Des rebondissements improbables et deus ex machina en surnombre qui te feraient passer un épisode de Doctor Who pour un documentaire ultra réaliste. Oh là là, des sables mouvants qui s'étendent sur 20m² au milieu de centaine de km² de désert, c'est pas de bol d'être pile tombé dedans : en fait non, c'est l'entrée d'une grotte où on va trouver ce que l'on cherchait, quel hasard ! Chewie est amené dans un vaisseau spatial qui explose : en fait non, il était dans un autre qui était garé 300kms plus loin et qu'on a pas vu, quel hasard ! Chewie, Finn et Po vont être exécutés par le général Hux : en fait non, c'est un espion rénégat qui les sauve et n'est pas content que Kilo Ren l'ai traité de rouckmoutte, quel hasard ! Tout est comme ça, tout du long, là je ne parle que de 15 minutes.
  • Des trous scénaristiques et du vide qui masque d'autre vide. Palpatine est de retour : ok. Pourquoi, comment quid ? Osef. Les chevaliers de Rennes ? Bah, euh, ils ont des jolies leds rouges. La planète des siths et tous les gens autour ? On s'en branle. Palpatine qui a une flotte de centaine de milliers de vaisseaux avec autant de gens dedans qui vivent d'amour, d'eau fraîche et de Jeanne Mass (ils sont tous en rouge et noir) : on s'en fout, ils sont là et osef, c'est magique. Rey est la petite fille de Palpatine : mais d'où Palpatine avait des enfants, avait copulé, savait qu'il avait une petite fille, tout ça ? On s'en branle, c'est comme ça. Sur ce dernier, même les midichloriens auraient été mieux pour expliquer l'origine de Rey (mais ils ont surement eu peur qu'on leur reproche de copier). Tout est comme ça, tout du long, ce n'est qu'un empilement de trucs fumeux sur des trucs fumeux.
  • Des personnages qui n'existent pas. En dehors de Kylo Ren qui arrive à exister seul (et c'est d'ailleurs le seul personnage dont on se rappellera de cette trilogie), les autres n'existent pas. Rey est une madame parfaite complètement lisse, capable de tout, trop forte, gentille, bonne, tout ça et n'existe que par sa dualité avec Kylo Ren (en cela, leurs scènes communes sont bien, sauf la dernière). Po repasse à un rôle moins débile que le précédent mais ne semble l'avoir fait que parce qu'il fallait bien remplacer Carie Fisher. Finn ne sert que pour occuper l'espace : même sa singularité de "je suis un stormtrooper et je me suis rebellé" est annulée ici avec la découverte d'autres personnes dans le même cas, donc il devient un monsieur rien. et c'est tout sur les nouveaux, les anciens personnages ne venant que remplir le quota de fan service (mention spéciale à Langdo, vraiment là pour dire "vous avez vu, on a mis Langdo" - la participation de Ford peut encore se justifier par le décès de Carie Fisher qui aurait pu être à sa place en fantôme jedi et donc Ford fait le remplacement - mais je cherche déjà à justifier)
  • De très belles images de carte postales pour remplir la bande annonce ou un diaporama powerpoint mais rien entre. J'ai eu l'impression de voir un diaporama de concept art sur le film : le trône de Palpatine, L'étoile de la mort à moitié détruite au milieu de la mer sur la falaise, Rey qui fait un double salto arrière pour détruire un vaisseau, une planète dans les deux sens, etc. Honnêtement, ça claque... sur un powerpoint ou une bande annonce, quand tu fais l'arrêt sur image au bon moment. Le problème, c'est que quand c'est animé, ça rend pas bien. Rey et son double salto, c'est hyper ridicule : je suis quasiment certain que l'idée était de faire des plans iconiques, effet waouh. ça se sent à chaque fois. Sauf que si on a un plan réussit et chouette visuellement, juste derrière t'as une débilité scénaristique, un effet spécial torché, un truc qui te fout en l'air toute l'idée et te la rend complètement ridicule. Se louper à ce point, c'est impressionant.
Bref, j'ai pas passé en revue tous les problèmes; Mais ce film clos une trilogie qui n'avait rien à raconter, qui a cumulé le fan service à outrance et qui a tuer dans l'oeuf toute tentative d'innovation.

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Marie-Louise
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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Marie-Louise » 27 avr. 2020 17:21

Est-ce que cette mise en scène alternative aurait amélioré ton expérience cinématographique, Elpio ? ? :mrgreen:

@Nick : je te prépare le récit de mon histoire de maison hantée que je posterai dans un autre topic plus foutoir, histoire de ne pas plus polluer celui-ci. :)

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Nicknackpadiwak » 28 avr. 2020 10:25

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Avec Trois souvenirs de Jeunesse et Les Fantômes d'Ismaël, Desplechin était arrivé dans une impasse et son cinéma commençait à redonder et à radoter dangereusement avec ses éternelles histoires sur les bobos parisiens petit bourgeois et leurs petites crises existentielles. Roubaix, une Lumière fait du bien, même si le réalisateur ne peut s’empêcher de claquer ses tics habituels (le texte lu face caméra, même si cela n'occupe que peu de temps d’antenne, mais on sent que c'est plus fort que lui) et un certain maniérisme qui fait qu'on a l'impression que sur certaines scènes les acteurs jouent faux (à moins que ce soit les dialogues qui soient trop écrit). De même, on comprend que les scènes sont jouées plusieurs fois, puis le réalisateur fait un montage entre elles, mais cela offre certains faux raccords sur le positionnement des acteurs qui sont assez déstabilisant, notamment lors du moment où Daoud discute Alaouane près de la patinoire. Mais à part ça, Roubaix est un film accrocheur et intense qui nous plonge dans les mauvais quartiers de Roubaix, ceux où la misère sociale règne. Partant d'un fait divers ayant réellement existé, le film propose une balade triste parmi les bâtiments aux briques rouges, les commissariats qui tombent en lambeaux, la petite délinquance et le quotidien des faits divers des oubliés du système. Ce n'est certes pas la promenade la plus romantique du monde, certes, mais c'est très immersif, d'autant que notre guide Roschdy Zem est impressionnant de présence.
La deuxième partie du film s'attarde sur l'affaire de la dame étranglée de la courée, le film devient plus psychologique avec ces interrogatoires pour obtenir les aveux et comprendre ce qui s'est passé. Après quelques recherches, j'ai appris que Roubaix, une Lumière est quasiment un remake séquence après séquence d'un documentaire Roubaix Commissariat Central, Affaire Courante passé à la télé en 2008, qui du coup doit être vraiment impressionnant et rend le film encore plus vertigineux. Donc évidement, les interprétations du duo principales des accusées doivent pâtir de la version documentaire, car alourdis par le filtre du cinéma, mais tout de même, si Léa Seydoux fait du Léa Seydoux (pas mon actrice préféré), Sara Forestier est impressionnante en fille paumé, pas très fut-fut et dépassée par la réalité. Le personnage est d’autant plus fascinant que certains mystères sur elle ne seront jamais résolu (pourquoi a-t-elle un spray pour l’asthme dans sa poche ? Que s’est-elle faite à la main ?)
Spoiler
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Mais après réflexion, ce choix de casting est une excellente idée, car de par sa nature froide, durant tout le film, on est persuadé que c’est Claude qui est derrière le coup et qui a manipulé la naïve Marie. La vérité est moins tranchée.
La partie casting des flics est réussi aussi, notamment Antoine Reinartz en lieutenant qui m’a rappelé les rôles ordinairement tenus par Mathieu Almaric par ce mélange de fascination et d’arrogance. Les personnages des policiers offrent aussi une double lecture, car s’ils sont dévoués et veulent plus que tout régler l’affaire, leurs coups de pression sur les accusés sont assez glaçants et on peut se dire qu’une personne plus influençable pourrait à l’issue de tels interrogatoires s’accuser d’un crime qu’elle n’aurait pas commis.
Donc Roubaix, une Lumière est un film fort qui secoue, d'autant qu'heureusement il propose des moments de tendresse et évite le piège du film misanthrope et plombant. Bref, toujours équilibre, il redonne, par la même occasion, espoir en Desplechin (d’autant que la lumière est magnifique et il y a de très beaux plans comme la discussion entre Daoud Cotterelle sur le toit).
Et bien sûr, le fait que j’ai longtemps habité à Lille, donc à 15 km de Roubaix joue aussi.

Note 8,5/10

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Nicknackpadiwak » 09 mai 2020 13:35

Quentin Dupieux l'intégrale!
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Nonfilm
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Le premier moyen métrage de Quentin Dupieux où il aborde déjà tous les thèmes qui vont le tarauder toute sa carrière : où commence le cinéma ? Quand s’arrête-t-il ? Notre existence n’est-elle pas un énorme film où on peut à la fois créer ce qu’on veut, mais dans lequel on est aussi prisonnier d’un scénario déjà écrit ? C’est d’ailleurs exactement ce que raconte la deuxième partie de no-film lorsque le tournage continue, mais sans caméra. Le filmage très très proche des acteurs/actrices ajoutent au sentiment d’étrangéité du film. Des débuts plus que prometteurs.

Steak
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Le film à sa sortie a été l’objet d’une terrible méprise de ses distributeurs qui n’ont pas dû comprendre le film et l’ont vendu comme une nouvelle grosse comédie d’Eric & Ramzy, une sorte de Double Zéro 2, chose qu’il n’est pas. Du coup, il s’est fait descendre comme jamais. Injustement, car c’est une excellente comédie surréaliste et expérimentale. Dupieux prolonge son clip (analog worns attack) et crée un vrai univers cohérent où des quadras vont encore dans une université à l’Américaine et forment des gangs retro-ringard (j’adore la représentation fantasmée des USA par Dupieux). Une fois entré dans ce monde, c’est vraiment du petit lait (c’est le cas de le dire) : la réalisation est ciselée et top, le film fait vraiment corps avec la bande son (il est une représentation en film des chansons déstructurées et patraques, mais diablement funky que Dupieux sort sous le nom de Mr Oizo) tandis que l’humour du duo se retrouve concassé dans ce monde fantaisiste et en ressort plus fort, plus drôle. S’ajoutent à cela de magnifiques scènes décalées (la leçon de piano, la mère qui engueule sa fille qui vient de se faire kidnapper ou le best-of internement des VHS) et on obtient un amour de film et clairement un des plus réussis de Dupieux, voire peut-être son meilleur, en tout cas, clairement mon préféré.

Rubbers
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Pour son deuxième film, après l’échec de Steak, on dirait que Dupieux s’est radicalisé en proposant un métrage plus extrême, plus fou et moins mainstream que le premier. Cela commence très fort avec le monologue du flic qui sort du coffre et qui s’adresse à la caméra (peut-être même la meilleure scène du film) pour expliquer le concept de « no reason ». Pas de raison, pas d’explication, ce sera le mantra du film, et aussi ses limites. Car du coup, Dupieux semble se donner le droit de faire bien n'importe quoi, d'aller à fond dans le non-sens, mais cela donne parfois l’impression de ne pas toujours être maitrisé, comme lorsqu’on regarde une troupe d'improvisation et ses inévitables moments de flottements et certaines scènes ne fonctionnent pas. De même que je trouve que le film passe à côté de son sujet, celui d'un pneu serial killer, car à part quelques idées géniales (le pneu qui regarde une course de formule 1), j'ai trouvé que c’était les séquences les moins convaincantes, je me suis limite ennuyée. Heureusement, Stephen Spinella dans le rôle du flic est très bon personnage et toute la partie avec les spectateurs dans le désert (qu’il faut tuer, tavu le côté méta) sont savoureuses. Dupieux y continue son travail de réflexion sur le cinéma commencé dans son moyen métrage non-film et qui sera le fil rouge de tout son œuvre.
Bref, malgré une idée de base terrible, Rubber ne convainc pas totalement, mais comporte néanmoins un vent de folie très salutaire.
Dernier point, c'est Roxane Mesquida, la Severine de Now Apocalype qui joue le rôle de Sheila et elle était déjà hyper sexy charismatique.

Wrong
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Le film le plus lynchien de la filmographie où on aurait remplacé la découverte d’une oreille tranchée dans un champ par un chien kidnappé. En effet, Wrong n’est qu’une succession de scènes étranges et décalées, avec des dialogues abscons ou qui dérapent très vite dans le non-sens. Plus que jamais, on s’approche de la structure du rêve. Par contre, malgré de bons moments ou des personnages marquant (le détective pour chien), la mécanique va parfois trop loin dans le délire (la pluie qui tombe dans le bureau), mais surtout elle tourne à vide. A part un sentiment de perte de repère, le film ne génère aucun sentiment, à part un léger ennui qui pointe son nez.
Film froid et peu sympathique, voire détestable par moment (toutes les scènes avec Emma et Victor), on sort de Wrong avec le sentiment d’avoir un peu perdu son temps.


Wrong Cops
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Celui-là, je l’adore. De par sa structure en forme de mini-sketch, sans vraie histoire de fond et ses personnages hauts en couleur, je le vois comme l’équivalent d’un bon album électro jouissif et crétin, le genre que je prends plaisir à re-écouter régulièrement. Pour un avis plus détaillé, j’en avais déjà parlé sur le forum ici . viewtopic.php?f=7&t=18&p=1023&hilit=wrong#p1023


Réalité.
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Et pourtant, il y a Alain Chabat et Elodie Bouchez, mais ce coup-ci, cela ne marche pas. Quentin Dupieux joue trop au malin et son mélange de film dans le film du film, rêves et mises en abyme ne fonctionne pas, donnant même le sentiment d’une supercherie, du moins de beaucoup de facilité. De plus, même si le film dure moins qu’une heure et trente minutes, il manque sincèrement de rythme et se traîne. Il aurait surement même mieux valu supprimer toutes les parties sur le présentateur qui se gratte ou celles avec Eric Wareheim, totalement inutiles.
Note 3/10.


Au Poste
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Le film le plus Monty Pythonnesque. J’ai l’impression que Dupieux a compris les erreurs de Réalité et n’essaie plus de « gonfler » son film pour qu’il atteigne les 90 minutes. Au Poste dure 1h10 et c’est très bien. Le film fait donc penser au Monty Python dès l’introduction avec ce mec en slip qui joue les chefs d’orchestre avant l’intervention des policiers. Ensuite, on peut le voir comme un sketch d’une heure qui part d’une idée simple (une déposition de police) pour partir dans moults délires et dialogues surréalistes, le tout sans (quasiment) quitté le commissariat. Et si comme toujours, parfois, cela va trop loin (perso, je ne suis pas fan des interventions de Philippe et de sa femme dans les flashbacks), j’ai bien aimé les petits trucs décalés (la contamination du « c’est pour ça », les flashbacks interactifs) ainsi que sa bizarrerie assumée (l’œil flouté de Philippe). L’hommage (volontaire ?) avec les Monty Pythons qui ont toujours détesté terminer un sketch par la classique chute, resonne un dernière fois lors de la dernière partie avec la pièce de théâtre.
Au Poste qui instaure un nouveau cycle pour Dupieux, celui des films courts en français qui partent d’une idée de base complétement débile pour broder autour, est un film inventif, divertissant et porté par un très bon Poolvoerde.


Le Daim
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L’opposé du film précédent car on passe d’un huis clos à de grands espaces et là où la folie était généralisée et contagieuse, elle est ici plus personnelle et intériorisée. Le Daim est aussi un très intéressant autoportrait de Quentin Dupieux. Pour plus de détails, se référer à ce que j’avais écrit ici. viewtopic.php?f=7&t=11&p=2141&hilit=daim#p2141
A part ça, il faut noter qu’avec ce film, Dupieux donne pour la première fois un rôle principal à une femme, la formidable Adèle Haenel (je ne compte pas Sheila de Rubber, plus un fantasme qu’un personnage). Après sept films, il était plus que temps.
Et avant la sortie un jour où les cinémas re-ouvriront de son prochain film ou l’histoire de deux mecs (encore des hommes ?!) découvrent une mouche géante dans le coffre de leur voiture, voici mon classement de ces films (j’exclue donc NonFilm).

1 – Steack
2- Wrongs Cops
3 – Au poste
4 – le Daim
5 – Rubbers
6 – Wrong
7 – Réalité

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Altaïr
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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Altaïr » 11 mai 2020 10:55

J'aime bien que tu inclues le test de Bechdel dans tes critiques :)

Bizarrement, on regarde peu de films ces derniers temps. J'en ai vu cependant deux qui m'ont marqué chacun à leur façon :hehe:

A marriage story de Noah Baumbach
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Comme quoi si on veut profondément émouvoir son public, ce n'est pas en enchainant des scènes choquantes gratuites et en tuant des personnages. Mais en mettant en scène des gens bien et respectueux de l'autre, des gens attachants, et qui pourtant se font profondément mal l'un à l'autre - parce que c'est la vie.
Honnêtement ce film a été limite insoutenable à regarder pour nous - mon mari n'a pas tenu jusqu'au bout, ça l'a rendu malade. C'est parce qu'il touche terriblement juste, qu'on comprend chaque personnage, qui il est et comment il en est arrivé là. Et qu'on a mal pour eux, parce qu'on ne peut pas s'empêcher de se comparer, de se demander si on a fait les mêmes erreurs ou non.
Un super film, très fin et sincère, remarquablement bien interprété - et qui on sent intègre beaucoup de réflexions féministes sur le couple dans toute sa complexité, sans dogmatisme aucun.

Je pense que le film passe le test de Bechdel.


Krull
On voulait regarder 10 minutes pour la déconne, on a fini par le regarder en entier.
Ce film est fascinant.

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Déjà niveau scénario, si on prend tous les clichés de la fantasy qui tache, si possible les plus sexistes, qu'on remue un grand coup, qu'on ajoute des dialogues écrits avec les pieds, un monde complètement incohérent, une construction dramatique et émotionnelle tellement inexistante qu'elle en devient risible (tout le monde se contrefout des morts, c'en est comique) - on obtient Krull.
Et puis il y a le héros. Mon dieu le héros. J'avoue c'est pour lui que j'ai eu envie de regarder le film jusqu'au bout, tellement il me faisait marrer, ce beau gosse à la tête de Jésus-Christ aux yeux bleus en pantalon rayé HYPER moulant, qui joue comme un pied et qui dégage autant d'émotions qu'une endive (mais qui est bien foutu et qui en est fier XD). Qui voit tous ses compagnons le rallier on ne sait pas trop pourquoi, puis tomber comme des mouches alors qu'il s'en contrefout, et dont toutes les femmes tombent follement amoureuses en moins de 5 minutes - parce que.
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Et puis... et puis il y a l'aspect visuel et sonore. Et ça, j'avoue que ça en fait un des films les plus frustrants que j'aie jamais vus.
Parce que ce film est BEAU, bon sang. Il regorge de trouvailles visuelles hyper originales, un véritable univers graphique complètement unique, des effets spéciaux qui malgré leur age (le film date de 1983) ont hyper bien vieilli. Et la BO, signée James Horner, est juste excellente et indémodable.
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Bref Krull c'est un de ces films où ils ont réuni un personnel technique de grand talent mais où ils ont jugé qu'engager des scénaristes et des acteurs qui sont plus que de belles gueules étaient une option dispensable (bon, niveau acteur, le cyclope est émouvant et il y a Liam Neeson avant l'heure, c'est déjà pas si mal).
Si seulement des films bien meilleurs comme Ladyhawke ou l'histoire sans fin avaient aussi bien vieilli visuellement...

Ah, et bien sûr le film ne passe pas du tout du tout le test de Bechdel, les nanas sont peu nombreuses et garanties 100% potiches faire-valoir.
Modifié en dernier par Altaïr le 11 mai 2020 11:05, modifié 5 fois.

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Koss » 11 mai 2020 10:58

"Un super film, très fin et sincère, remarquablement bien interprété - et qui on sent intègre beaucoup de réflexions féministes sur le couple dans toute sa complexité, sans dogmatisme aucun."


J'ai beaucoup débattu du film avec plusieurs personnes. Du coup, je te pose la même question : tu étais de quel "côté" ? Le mari, la femme ou tu penses que les tords sont partagés ?

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Altaïr » 11 mai 2020 11:22

Koss a écrit :
11 mai 2020 10:58
"Un super film, très fin et sincère, remarquablement bien interprété - et qui on sent intègre beaucoup de réflexions féministes sur le couple dans toute sa complexité, sans dogmatisme aucun."


J'ai beaucoup débattu du film avec plusieurs personnes. Du coup, je te pose la même question : tu étais de quel "côté" ? Le mari, la femme ou tu penses que les tords sont partagés ?
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Pour moi ils sont tombés dans le piège classique où il semblait naturel que sa carrière à lui compte plus dans la balance que sa carrière à elle. Et qu'elle l'encaisse au point où ça ne devient plus possible de ne vivre que pour les autres et plus pour elle-même.
Pour moi c'est clairement lui qui a le plus de torts - car il n'a visiblement jamais questionné le fait que cette vie new-yorkaise brillante pour lui n'était pas idéale pour elle. Mais les choix qu'il a faits nous apparaissent comme complètement compréhensibles car ils sont ordinaires dans notre société patriarcale. Dans la grande majorité des couples, en effet, la priorité est donnée aux besoins du mari, c'est un fait. Et traditionnellement, dans quasiment toutes les cultures, la femme quittait sa famille au moment du mariage pour intégrer la famille de son mari - et non l'inverse.
C'est en cela que le film est très fin et bien vu : ce couple a fait les mêmes arbitrages que la plupart des couples. Et ça les a mené dans l'impasse car ces arbitrages se font très souvent au détriment du bien-être des femmes, sur le long terme.
Après, ce sont des décisions de couple, donc c'est sûr qu'elle a elle aussi une part des torts - il a l'air de vraiment tomber des nues, est-ce dû à un manque de communication ou d'aveuglement ? Sans doute un peu des deux. Comme dans beaucoup de couples...
Et ils ont eu tort de croire en un divorce à l'amiable alors qu'il y avait la question de la garde de l'enfant. Elle a eu tort de ne pas mieux le préparer psychologiquement au fait qu'elle avait pris une avocate.

L'ironie utlime étant qu'au final, il fait pour se rapprocher de son fils le sacrifice auquel il n'a jamais consenti pour sa femme : s'installer à LA...

Quelque part, pour moi ce film dit en creux que le problème ce n'est pas tant les gens que la culture patriarcale. Et en nous poussant à nous positionner, elle nous force à y réfléchir.
Après, le soupçonne que pas mal d'hommes seront du côté du mari. Car dans notre culture, une femme qui fait passer ses besoins en premier est perçue comme égoïste, alors que c'est naturel pour un homme

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Altaïr » 11 mai 2020 14:20

Et au fait, et toi, ton ressenti ?

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Koss » 11 mai 2020 15:02

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Pour moi, le mari est à 100% en tord. Il pousse sa femme à sacrifier sa carrière pour la sienne et fait un blocage complet, couteux et inutile quand elle le met devant le fait accompli (le fait qu'elle ait déménagé). Je te rejoins complètement sur tout ce que tu dis, sur ce point. Pour moi, la vraie héroïne du film, c'est le personnage de Laura Dern, l'avocate, qui est la seule à réconforter Nicole et l'écoute vraiment. Mais je pense peut-être ça, car j'aime énormément Laura Dern.

Mais la grosse majorité des gens à qui j'en ai parlé, ne voit pas le film comme cela : Laura Dern est "méchante" et pousse Nicole à déménager. Nicole est de fait ""coupable"" et le mari, la ""victime"", qui après coup, se comporte comme un enfant.

Au début, je pensais que le réalisateur avait construit un propos féministe en prenant le côté de la femme. Son actuelle femme étant Greta Grewig, réalisatrice de Little Women. Mais avec du recul, je pense qu'il s'est inspiré de sa propre expérience et de son divorce avec l'actrice Jennifer Jason Leigh, qui comme Nicole, s'est fait connaitre avec une comédie teen "Fast Times at Ridgemont High". Il est donc évident qu'il se reconnait dans le personnage d'Adam Driver. Difficile de savoir si il a pris du recul sur cette histoire ou si c'est à charge.

Donc, je ne sais pas.

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Altaïr
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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Altaïr » 12 mai 2020 09:42

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Personnellement je pense que le réalisateur a clairement inclut des réflexions féministes dans le film, et une forme d'auto-critique. Le personnage de Laura Dern, le temps qu'il laisse à Nicole pour exposer son point de vue, le fait qu'il montre sans fards que l'enfant est heureux à LA auprès de sa mère, et qu'en effet sa carrière décolle une fois qu'elle a sauté le pas - tout cela pour moi montre qu'il lui donne raison, au fond. Mais il raconte aussi la douleur du père, qui pensait sincèrement être un "type bien" et qui effectivement est perçu ainsi dans notre société, et qui doit finalement ouvrir les yeux sur sa part d'ombre.
Pour moi la voix du réalisateur, c'est les deux avocats : Laura Dern, et le "gentil" avocat qui a divorcé 4 fois et qui compatit sincèrement au drame qu'ils vivent, mais qu'il finit par laisser tomber, à tort. Ils sont la voix de la raison.

Je sais que mon mari a trouvé dégueulasse le fait qu'elle lui impose la judiciarisation sans dialogue au préalable. Et qu'il a trouvé hyper violente la scène où elle lui donne l'enveloppe. Mais je ne suis pas sure qu'il se rende bien compte qu'elle n'avait pas le choix - qu'il ne peut y avoir de séparation à l'amiable qui soit juste quand l'un des deux est en position dominante.
Par contre il les a trouvés bêtes de n'avoir visiblement pas plus parlé avant, et d'avoir éludé les sujets qui fâchent - sa carrière à elle et la garde de l'enfant, notamment. Et effectivement, ils sont assez naïfs de ce point de vue là :)
Après, ce que représente ce film c'est un peu notre pire cauchemar et donc il a arrêté assez tôt (à tort, à mon avis, il a cru que le film allait dégénérer en bataille judiciaire alors qu'il est beaucoup plus fin que ça). Cela dit je pense qu'on a évité les écueils dans lesquels les héros du films sont tombés, fort heureusement :)

Mais je ne suis pas étonnée du tout que certains (surtout des hommes j'imagine) prennent le parti du mari - parce qu'on est quand même biberonnés aux injonctions qui poussent à percevoir les choix de Nicole comme égoïstes, et que la douleur du personnage d'Adam Driver est complètement compréhensible, palpable, et c'est difficile de ne pas y compatir. Mais là il faut demander à ces gens : pourquoi est-ce que son bonheur à lui leur importe plus que son bonheur à elle ? Pourquoi les sacrifices auxquels elle a consentis leur semblent naturels, et pourquoi ceux qu'on demande au mari leur semblent injustes ? Il y a pourtant une symétrie parfaite dans la situation : carrière à LA pour elle VS carrière à NY pour lui.

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Nicknackpadiwak » 12 mai 2020 09:58

Koss a écrit :
11 mai 2020 15:02
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Mais la grosse majorité des gens à qui j'en ai parlé, ne voit pas le film comme cela : Laura Dern est "méchante" et pousse Nicole à déménager. Nicole est de fait ""coupable"" et le mari, la ""victime"", qui après coup, se comporte comme un enfant.
Je trouve ça fou que des gens puissent l’interpréter ainsi...

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Altaïr » 12 mai 2020 12:41

Nicknackpadiwak a écrit :
12 mai 2020 09:58
Koss a écrit :
11 mai 2020 15:02
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Mais la grosse majorité des gens à qui j'en ai parlé, ne voit pas le film comme cela : Laura Dern est "méchante" et pousse Nicole à déménager. Nicole est de fait ""coupable"" et le mari, la ""victime"", qui après coup, se comporte comme un enfant.
Je trouve ça fou que des gens puissent l’interpréter ainsi...
ça m'évoque cette tribune : http://www.slate.fr/story/190122/ma-fem ... age-taches

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Nicknackpadiwak » 13 mai 2020 09:54

Il y a encore du boulot.....

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Re: Films coup de coeur, coup de gueule

Message par Nicknackpadiwak » 24 mai 2020 21:14

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J'ai fait le chemin inverse du parcours de connaissance d'Hippocrate, en commençant par la série avant de passer par le film.
On sent que Thomas Lilty, en tant qu'ancien médecin généraliste, maîtrise à fond son sujet et on plonge tout de suite dans l'envers du décors d'un hôpital, c'est spontané, frais et on y croit, surtout dans les moments plus incongrus, tout ce qui a rapport au moment où le personnel hospitalier relâche la soupape de sûreté avec des délires énormissimes (la cantine et sa roue des punitions, les dessins porno et infantiles ou la grosse grosse fête). Le casting est au top, Vincent Lacoste assure comme d'hab, tandis que Reda Kateb est fascinant en médecin algérien humaniste mais légèrement trop directif et avec trop de principes. Le seul (petit) souci est que la durée du film l'oblige à ne se concentrer que sur des cas à problèmes (la mort de l’alcoolique avec l'ECG non faite, faute de matériel et l’euthanasie). Lilty a donc eu une bonne idée de développer l'univers et le ton du film en une série, ce qui a permis de faire un tour de cet univers avec des cas de malades qui finissent bien.
Mais le plus frappant est que ce film se termine sur un cri d’alarme ou un plutôt sur un constat désespéré sur l'état des hôpitaux français qui souffrent de manque de moyen dû aux successives restrictions budgétaires prônés par les politiques qui veulent gérer un service public capitale pour la santé de tous comme une entreprise à la Amazon. En ces temps de pandémie et d'hôpitaux surchargé qui ont obligé tout le monde à rester chez soi faute de lit pour les malades, le film est plus que jamais d'actualité. Les leçons seront-elles retenues, une fois qu'on sera sorti de cette crise sanitaire? Je ne suis pas certain...

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Entre Pierre Salvadori et moi, c'est avant tout un coup de foudre : Les Apprentis, comédie douce-amère avec le tandem François Cluzet et Guillaume Depardieu en losers dépressifs. J'adore ce film et il est encore une de mes comédies préférées . Après, avec Pierrot, on s'est perdu de vu, mais c'est fort possible qu'on se soit retrouvé via En Liberté!

Ce film possède tout ce que j’aime dans une comédie : des comédiens tops, des personnages forts et décalés, une folie douce où tout semble permis (comme être libéré en moins de trente secondes alors qu'on a attaqué et mordu des policiers, mais osef, c'est une comédie, il faut que l'intrigue avance), pleins d’idées (le délire sur le sado-masochisme qui trouve le ton juste, à savoir s'en amuser sans s'en moquer), des gags décalés (le running gag du serial killer avec ses sacs plastiques, les trois surveillants derrière leur moniteur lors du cambriolage final), des répliques savoureuses ("Yvonne, ça fait pute?"ou "Ah non, c'est pas Daesh"), une mise en scène discrète, mais élégante et capable de petites fulgurances (lorsque Denis va voir Yvonne, la caméra subjective à la place du siège passager et soudain un bouquet de fleur glisse le long du tableau de bord au détour d’un virage), du sentimentalisme gentiment niais et touchant et une pointe de poésie (le final avec Elabz et son fils).
Tout n'est pas parfait, comme l'histoire d'amour entre Denis et Yvonne, souvent touchante, mais parfois précipitée (d'autant que Denis a parfois des comportements un peu creepy) ou les scènes qui parodient les films d'action parfois un poil tout much.
Mais c'est aussi pour ces maladresses attendrissantes, ces petites imperfections qu'En Liberté est un chouette divertissement et une excellente comédie décalée et légère.

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